Mort et résurection de ses rèves

OU

LE PRINCIPE DE TRANSFORMATION

  Claude Payan

On ne parvient pas dans sa destinée, à vivre ses rêves en ayant une totale réussite dans ce que nous faisons.

L'imperfection fait partie de notre vie ici bas. Avoir accepté Jésus ne fait pas qu'on va, dès lors, vivre dans la dimension dans laquelle on vivra au ciel.

Non, nous ne sommes pas encore au ciel, bien qu'en étant déjà citoyens, nous vivons encore ci bas, dans ce monde cruel !

Et, ici bas « ça cogne » ! Nos réussites sont à un prix ! Un principe est donné dans la Genèse , au sujet de notre victoire contre l'adversité :

« Tu lui écrasera la tête et il te blessera au talon.»

On écrase la tête de l'adversaire au prix de notre talon blessé. On est vainqueur en perdant quelques plumes, ou du moins quelque chose.

On ne gagne pas sans perdre quelque chose.

Pour Parvenir à vivre ses rêves les plus forts, il va falloir en perdre quelques autres sur le chemin . Je m'explique : pour parvenir à nos rêves prioritaires il va falloir renoncer à quelques rêves secondaires.

Ca fait toujours mal de renoncer à un rêve. J'ai réfléchi sur ces choses quand je me suis trouvé devant le fait de devoir « achever » moi-même, si je peux dire, certains de mes rêves. Parfois il faut…

 

Tuer certains de ses rêves ou être tué par eux

 

Je ressentais le besoin d'en finir une bonne fois avec certains projets qui, d'un côté ne tenaient plus la route dans le nouveau contexte dans lequel je me trouvais, et d'un autre avaient encore trop de place, étaient encore trop vivants dans mon cœur.

La souffrance que produisait le fait de n'avoir pas pu les vivre pleinement était également trop présente. Réfléchissant à tout cela, il m'est venu une image.

J'ai pensé à ces cow boys que l'on voit dans les films. Un cow boy à cheval galope vers un but, il va presque arriver et voilà que le cheval se casse une patte, est complètement épuisé ou encore déshydraté au milieu du désert.

Il s'arrête et commence à agoniser. Vous voyez l'image ? Le cow-boy est embêté ! Il se trouve alors devant un dilemme : IL SAIT qu'il faut abattre le cheval pour deux raisons :

- Afin que l'animal ne souffre pas une lente agonie, car il va mourir quand même. Il le faut aussi pour que lui puisse se remette en route, même à pied, pour réussir sa destinée.

- S'il reste près de son cheval, il ne va pas l'empêcher de mourir pour autant et lui-même se met alors en péril (surtout si c'est au milieu du désert où il n'y a pas d'eau).

MAIS, … et oui si c'était si facile !… Il est lié à ce cheval par plusieurs choses : l'affection, la collaboration qu'ils ont eu pendant des années, les souvenirs etc. Il y a tout un potentiel affectif qui joue et risque d'amener notre homme à ne pas TROUVER LA FORCE de tuer le cheval.

Je crois que beaucoup de chrétiens et serviteurs de Dieu meurent avec leur cheval dans leurs déserts, parce qu'ils ne trouvent pas la force (de caractère) pour tuer certains de leur rêves.

Nous passons tous par quelques déserts dans nos vies où ce que nous affectionnons peut être aussi ce qui va nous détruire, si nous ne savons pas nous en détacher.

Ca me rappelle l'histoire vraie d'un homme qui avait fait naufrage : avant de se retrouver à l'eau il avait mis des lingots d'or autour de sa taille. Une fois dans l'eau il s'est rendu compte que les lingots l'entraînaient vers le bas. Il lui fallait vite choisir entre couler avec ses lingots ou sauver sa vie et laisser les lingots.

Maintenant laisser les lingots c'était renoncer aux projets qu'ils avait décidé d'accomplir avec ces lingots.

Quand on s'allège… qu'est-ce qui se passe ? On S'ELEVE ! On ne s'élève pas dans la vie sans s'alléger régulièrement. On ne s'allége pas sans lâcher des choses qu'on a du mal à lâcher.

C'est pourquoi Jésus a parlé de RENONCEMENT pour le suivre.

Personnellement, j'ai du décider d'abattre un rêve que j'avais pour pouvoir me propulser plus loin :

J'avais, à un moment donné, le rêve d'une super équipe « apostolique ». Une équipe de ministères qui seraient un repère, un modèle rassurant, qui travaillerait dans la complémentarité des ministères (qui représenterait les 5 ministères et plus), l'estime et l'aide réciproque, qui marquerait la différence par rapport à tous ces ministères qui se marchent dessus et se dénigrent souvent.

Une équipe composée de couples affermis, qui travaillent en harmonie et sont un encouragement pour les familles et les jeunes. Qui marquent la différence !

On n'a pas marqué la différence ! Loin de là !

On peut être dans le plan de Dieu, si on ne s'affermie pas dans la foi et ne grandit pas en maturité on ne va pas être gardé automatiquement dans ce plan .

Plusieurs des personnes données pour ce rêve se sont comportées comme des gens faibles dans la foi et immatures.

On bout de quelque temps on s'est rendu compte que la plupart avaient du mal à s'entendre avec les autres. Puis que trois quarts de ces couples tournaient de travers et se déchiraient dans leur vie privée.

Un a été pris par l'orgueil, un autre par l'immaturité, un autre par un péché sordide, un autre par le découragement, un autre par les complications de son propre esprit, etc.

Leurs talents, musicaux ou autres, ne pouvaient pas servir de remplacement à leur manque de carrure spirituelle . Les uns après les autres ils se sont « cassés le nez ».

J'ai essayé de réparer les dégâts pendant des mois, de faire repartir la machine sous une forme ou une autre. Ce qui m'a fatigué et blessé pour aucun résultat valable.

Julia et moi nous sommes retrouvés à un moment donné à ne plus savoir quoi faire. Après quelques tentatives pour ranimer « le blessé », et essayer de l'aider à repartir, je me suis rendu compte, qu'en fait, chacun était coincé dans sa bulle personnelle et allait plutôt compliquer la vision que l'aider à se propulser.

Cette situation a créé de la souffrance, nous a fait perdre la face et nous a immobilisé un moment.

Cela m'a placé dans un mode d'attente. Comme le cow-boy dans le désert qui, au lieu de voir guérir et se relever son cheval blessé, constate sa lente agonie, et se demande au bout d'un moment s'il n'est pas en train d'agoniser avec lui.

Un jour, lorsque j'ai vu qu'une des dernières personnes sur laquelle je plaçais mon espoir avait toujours un problème récurant qui allait certainement produire des dégâts dans peu de temps, j'ai tué ce rêve AVANT QU'IL NE ME TUE !

Un matin je me suis levé… et j'ai « flingué » le cheval ? Comment ai-je fait ! J'ai renoncé à ce rêve ! Ainsi je l'ai tué.

De ce fait, dans ma tête je n'avais plus à gérer ce point. Et mon esprit était libre pour me remettre en marche dans ma vision.

Ressusciter sous un autre forme

Je me souviens, c'était à la mer. Je sortais de l'eau en priant Dieu. Et l'histoire de ce cow-boy et son cheval m'est venue. Et c'est comme Le Seigneur me disait : « En tuant le rêve tu vas non seulement te libérer, mais libérer les gens autour de toi aussi, et tu vas aussi libérer une nouvelle saison et une nouvelle vision. »

Quand le rêve ne correspond plus a ce qu'il était au départ, voire devient un cauchemar, il n'est déjà plus le rêve du départ. A quoi bon s'y accrocher ?

Combien de pasteurs sont accrochés à leur église, œuvre, équipe parce qu'au départ c'était une merveilleuse vision qui venait de Dieu. Aujourd'hui, suite à plusieurs facteurs cette vision est devenue la cause de leur dépression, voire de leur maladie, leur a fait perdre leur bonne humeur, le goût de vivre.

La lourdeur de la vision, OU PLUTOT DE CE QU'ELLE EST DEVENUE, les a entraîné vers le bas, là où une vision est sensé nous amener plus haut.

Mon message : stoppez la descente !!! Il n'y a pas de gloire à couler avec la vision parce qu'elle vous détruit. Il a une gloire biblique à mourir pour une vision mais pas d'être écrasée par elle. Ce n'est plus le même schéma.

La question se pose : Et la vision, nos rêves du départ ? Est-ce normal qu'ils disparaissent complètement ?

Mon message n'est pas de renoncer à nos rêves. Il est d'y renoncer provisoirement lorsque ceux-ci deviennent des poids qui vous entraînent par le fond .

Qu'est-ce que je veux dire par provisoirement ?

Il y a un principe biblique, c'est que ce qui meurt, alors que c'était dans le plan de Dieu…DOIT RESSUSCITER !

Il vaut mieux perdre, tailler dans quelque chose pour que ça refleurisse mieux après.

Simplement, il faut que certaines choses meurent pour quelles ressuscitent. Et parfois c'est nous qui devons les tuer. En fait elles sont déjà mortes, mais il faut l'accepter et faire sa part pour ne pas prolonger l'agonie. Vous saisissez ces nuances ?

POUR UNE RAISON OU UNE AUTRE, des choses originellement engendrées par Dieu POURRISSENT, dégénèrent. A un certain stade les choses sont allées trop loin pour que Dieu les rattrape.

En fait Il ne veut plus les rattraper (parfois nous voulons rattraper quelque chose que Dieu ne eut plus rattraper ! Il préfère les laisser mourir POUR LES RESSUSCITER PLUS TARD ET DIFFEREMMENT !

C'est ce qu'il est important de comprendre. Lorsque une chose ressuscite, elle ne ressuscite pas exactement comme elle était auparavant :

1 Corinthiens 15 : 35 : « Mais quelqu'un dira : Comment les morts se réveillent–ils ? Avec quel corps reviennent–ils ? »

(V37, 38) « Ce que tu sèmes, ce n'est pas le corps à venir, c'est une simple graine, un grain de blé peut–être, ou une autre semence ; puis Dieu lui donne un corps comme il le veut ; à chaque semence il donne un corps qui lui est propre. »

Maintenant, elle ressuscite différemment… MAIS EN MIEUX !

(42, 43) « Ainsi en est–il de la résurrection des morts. Semé périssable, on se réveille impérissable. Semé dans le déshonneur, on se réveille dans la gloire. Semé dans la faiblesse, on se réveille dans la puissance . »

Aujourd'hui mes deux rêves sont ressuscités. PAS SOUS LA MEME FORME , structure, pas avec toutes les MEME PERSONNES…mais supérieurs et bien plus glorieux à ceux qui ont étés semés alors qu'ils étaient devenus méprisables.

Dire qu'une vision, un rêve, s'ils sont de Dieu, disparaissent complètement n'est pas vraiment vrai. Ils sont transformés ! C'est un principe spirituel et matériel important à comprendre.

Tout se transforme !

Il existe un principe, à la fois naturel et spirituel, démontré par les scientifiques, c'est que rien ne se perd, tout se transforme.

Lorsqu'une énergie disparaît, elle ne disparaît pas vraiment, elle se transforme. De même, tout ce qui semble disparaître, disparaît non pas parce ce que ça n'existe plus mais parce que ça s'est transformé.

On ne peut même pas dire qu'une partie n'existe plus, car dans cet univers tout ce qui a été amené à l'existence ne retourne pas au néant. Déjà ça ne vient pas du néant car ça vient de Dieu. Donc, déjà ce qui existe est issu d'une transformation d'une énergie qui se trouvait en Dieu.

Lorsque vous faites chauffer de l'eau, une partie de celle-ci se transforme en vapeur, une autre en gaz invisible. Si vous récupérez l'eau qui reste après l'avoir fait chauffer, vous récupérez la vapeur et le gaz. Vous les pesez, vous obtenez le même poids que l'eau du départ.

Si d'une ville entièrement brûlée vous récupériez les cendres plus toute la fumée et les gaz produits par cette destruction, vous aurez le même poids que la ville avant sa destruction.

Le principe de la mort et de la destruction, comme on l'entend souvent, dans le sens que ce qui est mort et détruit n'existe plus, devient ou redevient néant, est faux !

Tout subsiste, simplement ça se transforme.

C'est pourquoi la mort physique débouche, bibliquement sur une autre vie : au ciel auprès du Seigneur ou dans ce qui est qualifie de seconde mort, qui n'est pas non plus une mort selon la conception athée, mais une vie de souffrance Pour l'éternité.

C'est ce principe de transformation qu'a mis Jésus en action à travers Son sacrifice. Lui qui existait de toute éternité dans Le père a subi la destruction, puis la transformation, exprimée dans la résurrection, et on le retrouve dans une nouvelle création exprimée par le Psaume 2 : 7 :

« Je vais proclamer le décret du SEIGNEUR ; il m'a dit : Tu es mon fils ! C'est moi qui t'ai engendré aujourd'hui. »

Il est devenu le premier né d'entre les morts :

Apocalypse 1 : 5 : « …Jésus–Christ, le témoin fidèle, le premier–né d'entre les morts et le chef des rois de la terre ! »

Nous-même avons été récrés, donc transformé en Lui. Nous n'avons pas disparu mais sommes devenus de nouvelles créatures.

De même, ceux qui le rejettent ne disparaissent pas mais subissent pour l'éternité les conséquences du processus de transformation qui s'est déclenché lors de la chute. Lors de la chute l'homme a « muté ».

Dans ce monde et dans le monde spirituel tout se transforme, rien ne disparaît vraiment. C'est un processus qui agit dans le bien comme le mal.

Il permet de transformer le bien en mal, comme le diable lui-même en est l'exemple, ou de transformer le mal en bien. C'est-à-dire d'utiliser même ce qui était mauvais pour en faire sortir le bien. Comme pour la chute (catastrophe humaine !) que Dieu à transformé en Christ, en nous transformant en Lui.

Dieu transforme nos visions et rêves

Dieu, si nous sommes à Son écoute, transformera nos visions et rêves !!!

Nous retrouverons les rêves que l'on a tué pour l'intérêt de la vision principale, sur notre route, mais TRANSFORMES !

Mais si on ne les arrête pas lorsqu'ils ont dégénérés, ils vont nous détruire. Ce même rêve qui était supposer être un échelon sur le chemin de ma destinée va me stopper, et me détourner maintenant de cette destinée.

C'est comme un bras qui a la gangrène, si on n'empute pas il va gangrener tout le corps et produire la mort.

Un exemple biblique :

Le royaume d'Israël était au départ composé de douze tribus (plan initial). Ce royaume, après la division du royaume de Salomon, s'est retrouvé partagé en deux royaumes : Israël et Juda. Les douze tribus, Salomon se sont retrouvées décomposées en dix tribus d'un côté, deux d'un autre.

Première transformation !

Par la suite, face aux dérèglements de Son peuple et son refus de changer ses voies Dieu A TUE SA VISION, SON REVE.

Il a tué plusieurs rêves : le rêve d'un peuple saint, le rêve d'un peuple sur une terre, le rêve d'un peuple qui sanctifieraient Son nom parmi les nations pour amener celles-ci au salut.

Il a ressuscité CHACUNE DE CES VISIONS. Chacune vit un processus de résurrection et transformation qui n'est pas encore parvenu à sa fin. Mais chacune est ressortie de terre si je peux dire.

Israël existe en tant qu'état. Elle sera un jour la capitale où règnera le grand Roi Jésus !

En Christ un peuple est né, formé des juifs et des gentils des nations.

Le rêve est ressuscité plus GRAND, plus PRECIS, sous UNE FORME DIFFERENTE.

Marchons sur les traces de notre Père. Lorsqu'Il est confronté à une déception Il sait RENONCER à une vision pour mieux la voir ressusciter. Il peut la laisser mourir POUR LA RETROUVER TRANSFORMEE.